Le droit de visite des agents immobiliers : faut-il payer ou non ?

" Olivier et moi venons de nous marier et nous sommes à la recherche de notre première maison. Nous voulons un appartement de 3 pièces dans le quartier de Cocody-Angré.

Nous entrons en contact avec Monsieur K., un agent immobilier avec qui nous avons convenu de visiter un appartement.

Lors de notre visite, tout est passé en revue : salle de séjour, chambres, sanitaires, balcon et il y a même une buanderie. Le seul hic c'est que malgré toutes ces qualités, nous n'avons vraiment pas eu << le coup de cœur  >>, ce que nous essayons de faire comprendre à Monsieur K.

Mais à notre grande surprise, ce dernier nous réclame le paiement d'un droit de visite !

En bon ivoiriens, on se dit  : << Visiter encore , c'est payant ?! >> ".

Comme nous, bon nombre de clients d'agences immobilières ont dû se poser les mêmes questions. Qu'est-ce que le droit de visite ? Le client est-il obligé de payer ?

LE DROIT DE VISITE : QU' EST-CE QUE C' EST ?

Le droit de visite, au premier sens du terme, est le droit pour le potentiel acquéreur ou locataire de visiter l'immeuble  (villa, appartement...). Cela lui permettra d'en apprécier les qualités, afin de consentir ou de refuser en toute connaissance de cause d'en conclure la vente ou la location.

Le droit de visite n'est pas régi par la loi ivoirienne du 23 mai 1975 relative aux agents d'affaires, ni par le décret du 2 octobre 1979 portant réglementation de la profession d'agent immobilier. Il résulte donc des usages qui ont lieu dans le domaine des transactions immobilières.

 

Mais ce que la plupart des clients ignorent sans doute par manque d'informations, c'est que le droit de visite est aussi un montant que le client s'engage à payer lorsqu'il signe le bon de visite que lui remet l'agent à la fin de la visite.

Plusieurs parmi nous se demandent : << C'est quoi ça encore ? >> (Rires).

 

En fait, le bon de visite ne désigne rien d'autre que le document par lequel on reconnaît avoir visité la maison ou l'appartement en vente ou en location, par l'intermédiaire de notre agent immobilier.

Ce qu'il est intéressant de savoir, c'est que ce "petit" document nous protège à la fois nous clients et notre agent immobilier.

En effet, la somme que l'on paie à titre de droit de visite (qui varie de 3000 à 5000 Fcfa), couvre en général un certain nombre de visites de biens (2 à 3 maximum).

Le bon est donc la preuve de notre paiement, de sorte que l'agent ne pourra plus nous réclamer de payer quoi que ce soit aux prochaines visites jusqu'à ce que le nombre de visites couvertes par le bon soit totalement épuisé.

En contrepartie, l'agent immobilier dispose à son tour, d'une preuve qui lui permet de justifier son activité auprès du propriétaire qui l'a mandaté. Malin non ?

Lorsqu'un propriétaire décide de confier la gestion de son bien à une seule agence (on dit alors que le propriétaire a donné mandat exclusif à cette agence), nous clients intéressés par la maison devons obligatoirement respecter les termes de notre engagement envers l'agence. Si notre engagement inclut le paiement d'un droit de visite à l'agent, il faut nous en acquitter loyalement.

Sachons le, le paiement du droit de visite ne dépend pas de l'issue de la visite ! 

 

Ce n'est pas parce que nous n'avons pas trouvé le bien qui corresponde à nos attentes que nous devons refuser de payer le droit de visite.

Le droit de visite apparaît ainsi comme une sorte de compensation des efforts menés par l'agent immobilier sur le terrain pour la recherche des biens en location, pour couvrir les frais d'appels pour la mise en relation avec le propriétaire et aussi pour le temps passé à faire visiter le bien (dans le cas où celui-ci ne convient pas à son client).

Certains agents immobiliers ou "démarcheurs" font payer un droit de visite pour des biens qui ne sont pas encore ou pas du tout disponibles à la location ou la vente. 

Dans ce cas, quelles précautions prendre pour ne pas se faire avoir ?

Les précautions à prendre

  1. S'assurer de la crédibilité de l'agent immobilier ou du démarcheur (avec internet et surtout facebook, cela devient plus facile).
  2. Signer un bon de visite ou tout autre document attestant que vous avez effectivement payé le droit de visite et précisant clairement le nombre de visites valables pour ce bon.
  3. Si vous avez la possibilité, payer après avoir visité.

A l'inverse, d'autres clients véreux refusent de payer totalement ou en partie le droit de visite alors même que le bien qu'ils ont visité correspond à leurs attentes. Dans ce cas, le bon de visite peut servir de moyen de preuve à l'agent immobilier pour recouvrer son droit de visite à condition d'y préciser :

  • la somme correspondant au droit de visite
  • le nombre de visites valables pour ce bon 
  • le ou les biens visités, leur localisation et leurs caractéristiques
  • le nom et les coordonnées du client
  • et enfin, inclure la signature du client pouvant être suivie de la mention "lu et approuvé") et la signature de l'agent immobilier (suivi de l'empreinte du cachet).

Le droit de visite n'est donc pas une arnaque, si'l est dû, il faut le payer.

Si vous avez aimé cet article, n'hésitez pas à le commenter ou à le partager. Qui sait ? peut être que l'un de vos proches a besoin d'être éclairé sur ce sujet.

Vous avez un doute ou un avis sur le droit de visite des agents immobiliers ? Nous aimerons beaucoup pouvoir en discuter avec vous et/ou vous aider.

Oriane Akpo

AUTEUR

 

Titulaire d'un Master en Droit Privé Fondamental et passionnée par le droit immobilier, le leadership et le partage d'expériences.